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Rejeter la diversion et la provocation de Wade!

DÉCLARATION SUR LE RETOUR DE WADE

Rejeter la diversion et la provocation, pour se tenir dans le cap de la refondation et du redressement !

L’évènement médiatique du retour de Wade fait la « Une » des journaux depuis l’annonce par ce dernier de son voyage, après des années d’absence du Sénégal. Manifestement ce coup médiatique a été bien planifié et son escale au Maroc que rien ne justifiait édifie les plus sceptiques. En effet si WADE voulait simplement revenir dans son pays, un vol direct Paris-Dakar aurait suffit. Mais c’est vraiment méconnaître l’ancien président du Sénégal qui a plus d’un tour dans son sac (lui-même aime à le répéter souvent) que de penser qu’il rentrer au pays sans tambour ni trompette.

Un retour pour sauver les sénégalais ou pour sauver son fils ?

Une revue objective de la gestion du pays par Wade et ses gouvernements successifs douze années durant ne permet pas de faire la moindre illusion sur les capacités et la volonté de ce dernier de sortir le Sénégal de la précarité et de la pauvreté.

En effet, tous les indicateurs de développement économique et social ont dégringolé et pire, tous les équilibres macro comme micro-économiques se sont effondrés entraînant avec eux les valeurs positives de notre peuple pour céder la place à un désordre indescriptible dans tous les domaines.

Rappelons à nos mémoires souvent épuisées par le tintamarre des villes et la tyrannie du quotidien et par l’œuvre inlassable de forces rétrogrades d’effacement des faits probants quelques éléments saillants de notre histoire récente. Nous le disions dans un communiqué en date du 14 mai 2013 :

« C’est avec Wade que notre pays a atteint un niveau de corruption jamais égalé avec, cerise sur le gâteau, la tentative avortée de corruption d’un agent du FMI, Alex SEGURA, pour la somme de 85 millions de francs. Par ce geste digne d’être inscrit dans le livre Guinness des records, le nom d’Abdoulaye Wade figurera à jamais dans le top ten des records mondiaux des chefs d’Etat corrupteurs !

N’est-ce pas sous le règne de Wade que des scandales financiers les plus effarants ont été révélés ? Faut-il secouer la poussière des mémoires pour se rappeler les 432 milliards de l’ANOCI, les 91,5 de dépassement budgétaire en 2008, les 75 milliards de la Statue de la Renaissance, les 70 milliards du FESMAN,  les 46 milliards des chantiers de Thiès, les 32 milliards pour la réfection de l’avion présidentiel, les 20 milliards de commission de SUDATEL, les 12,5 milliards de location de jets privés, etc. ? »

N’est-ce pas sous son règne que WADE avait bombardé son fils ministre du ciel, de la terre et des… pour lui ouvrir tous les boulevards financiers et briser les reins à quiconque osait dire le plus petit mot sur ces pratiques malsaines ? Macky SALL et Bara TALL, entre autres, en avaient fait les frais.

Au vu de tout cela, WADE et Le Pds sont vraiment mal venus, très, très mal venus pour parler d’œuvre de redressement après avoir plongé le pays dans le désastre économique, social, culturel et moral duquel le nouveau pouvoir a tout le mal du monde à le sortir !

Il est clair, dès lors, que l’ultime combat politique que WADE a décidé de mener est celui de tirer son fils des griffes de la justice, non pas par des moyens juridiques, mais par la force de la pression politique dans la rue, quoique cela puisse coûter à l’ordre républicain, à l’état de droit ou à la paix des citoyens de ce pays clamé à tout va. Car seul compte à ses yeux le sort de son fils.

Cette attitude de Wade et du Pds est une ignoble provocation à l’encontre du peuple sénégalais. Le gouvernement ne doit pas se laisser divertir et doit poursuivre sans faiblesse aucune sa politique de traque des délinquants financiers et leur faire rendre gorge. L’opération « goxxi » (rendre gorge) doit être implacable contre ces prévaricateurs.

Quand vous aurez tout oublié, n’oubliez jamais les propos prophétiques de l’ancien porte-parole de Wade, en personne, Sérigne Mbacké NDIAYE, lorsqu’il alertait ses camarades en prédisant que beaucoup d’entre eux « iraient en prison, si le Pds ne sortait pas vainqueur des élections de 2012» !

La vigilance et la mobilisation contre Wade et le Wadisme

Nous disions, toujours dans notre communiqué du 14 mai 2013 que « Le peuple sénégalais doit comprendre que le désastre causé par le régime de Wade est si profond que ce ne sera pas en un an ou deux que le gap sera comblé. Au surplus, le Pds n’a pas encore fini son travail de déstabilisation du nouveau régime. Pour lui, c’est un combat acharné pour la survie entre l’ancien pouvoir et le nouveau pouvoir et ses agitations ne sont que pour la préservation de ses propres intérêts. Il tente de desserrer l’étau autour de lui et utilisera son arsenal financier bien gardé et son expérience « des activités de terreur » pour parvenir à ses fins.

Autant avant-hier, dans la quête du pouvoir, le Pds a usé de voitures piégées, de violences contre les policiers (meurtre de policiers aux allées du Centenaire), d’attentat (assassinat de Me Seye), autant hier, au pouvoir, le Pds a utilisé des forces de l’ordre pour perpétrer des actions violentes voire mortelles contre des manifestants (Malick BA, Mamadou Diop, etc.), recruté des nervis pour intimider et attenter à la vie de leaders politiques (Tala Sylla, Alioune Tine, Abdoulaye Bathily, Ousmane Tanor Dieng, Moustapha Niasse, Barthélemy Dias, etc.), autant aujourd’hui, dans l’opposition, il est prêt à faire dans la subversion, au moyen de la violence. »

Dès lors, la vigilance doit être plus soutenue que jamais. Déjà, au lendemain de l’installation du premier gouvernement du régime de Macky Sall, dans son communiqué du 10 avril 2012, notre parti conviant le peuple à cela, en indiquant :

« Une telle vigilance démocratique et citoyenne est une nécessité vitale face au nouveau pouvoir que nous avons contribué à installer et qui focalise l’espoir d’un peuple qui devient plus exigeant que jamais vis-à-vis des pouvoirs gouvernants. Ce peuple qui a refusé fermement de donner un troisième mandat à Wade vient d’inscrire à jamais, et en lettres de sang, sur les pages glorieuses de son histoire la limitation du mandat présidentiel à deux ! Ce peuple désormais debout exige de nous trois attitudes :

-défendre sa victoire contre le monstre incarné par le régime anti-démocratique de WADE dont les capacités de nuisance sont encore réelles et lui faire rendre gorge,

-œuvrer à la réalisation des ruptures nécessaires à la création des conditions de son épanouissement dans tous les domaines de se défaire et créer les conditions de son épanouissement,

-préserver sa victoire contre d’éventuels prédateurs et usurpateurs qui naîtraient de la nouvelle gouvernance. »

Le Secrétariat du Rta-S/Péncoo Réew dénonce avec la dernière énergie les actes de diversion et de provocation posés par Wade et le Pds depuis que leurs dirigeants ont été interpellés par la justice, particulièrement depuis que le fils de Wade, Karim, a été mis en prison. Il appelle toutes les forces démocratiques organisées ou non à la mobilisation la plus large, la plus profonde pour dire : « Halte à Wade et au Pds !». « Pas de concession aux détourneurs des deniers publics !»

Nous répétons ce que nous avions déjà dit par ailleurs : « Le travail politique d’hier des patriotes de tout bord consistant à faire bloc pour lutter contre Wade et son régime ne doit pas s’affaisser. Au contraire, il doit connaître un nouveau dynamisme, si tant est que le combat contre le WADISME n’est pas terminé avec la défaite de Wade. Nous devons rester mobilisés et en campagne permanente contre le Wadisme, monstre hideux encore vivant et dangereux, matériel comme immatériel, dans un contexte de vulnérabilité interne, sous-régionale et régionale face à la domination des puissances impérialistes. 

Quand l’ennemi est encore aux portes de la cité, dans la cité même, il est criminel de diriger son arme sur l’Etat-major du moment. La pointe de la lance ne doit pas se tromper de cible, sa tête chercheuse doit demeurer rivée sur l’ennemi. »

Garder le cap de la refondation et du redressement républicains

Mais la plus grande vigilance du régime de la deuxième Alternance dirigé par le Président de la république, M.Macky SALL réside dans sa capacité politique à tourner le dos définitivement au « WADISME », en se débarrassant des pratiques de ruse politicienne, de l’étroitesse partisane, sans intérêt pour le développement du pays. Et ces séquelles du Wadisme, encore présentes dans les rangs de son parti, sont totalement à l’opposé de son slogan « LA PATRIE AVANT LE PARTI ».

Elles résident dans les attitudes innommables d’attaques outrancières des ses propres militants contre son Premier Ministre, contre ses alliés qui l’ont accompagné et soutenu pour sa victoire.

Elles se cachent dans cette ruse politique qui amène à faire voter en procédure d’urgence des Lois qui ne font pas consensus et qui promeuvent une politique de la décentralisation partisane ; car rien ne justifie objectivement le traitement particulier fait aux villes  de Dakar, Pikine, Guédiawaye, Rufisque, Thiès, pour les locales à venir. De plus ces élections locales auraient dû se faire après la refondation des institutions proposées par la CNRI et non avant.

Elles s’insinuent dans les pratiques de clientélisme qui se font jour dans des nominations incongrues à des postes de responsabilité.

Elles se révèlent enfin dans cet évitement politique inacceptable pour ne pas faire droit aux conclusions des Assises nationales actées dans la Charte de gouvernance démocratique signée par le Président de la République, lui-même.

La meilleure réponse, la plus significative et la plus populaire aux provocations de Wade et du Pds se situe dans la capacité politique du Président de la République et son équipe à recentrer son orientation politique dans la dynamique partagée de refondation des institutions selon des valeurs de la République démocratique et de redressement national dans une démarche participative conséquente, excluant toute préoccupation partisane, avec la mobilisation du peuple prêt à consentir tous les sacrifices pour se sortir de l’effondrement hérité du régime de WADE.

Réew dañ koy péncoo, ken du ko pàccoo !

Fait à Dakar le 27 avril 2014                                                                                                                                                      Le Secrétariat Politique