Déclaration du 1er Octobre 2017

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DÉCLARATION

Depuis quelque temps, l’espace politique national est envahi par les questions d’argent entre la Ld et l’Etat sénégalais. Les réactions les plus diverses et tonitruantes sont entendues. Les accusations et contre accusations fusent de toutes parts créant une confusion telle que dépit, dégoût, désarroi, etc. se font jour partout dans l’opinion.

La déclaration faite par Mamadou NDOYE, ancien SG de la LD suscitant la réaction du porte parole de son parti et du Secrétaire General, porte parole du gouvernement donnant une autre version de l’affaire est gênante à plus d’un titre.
Gênante pour ce qu’elle met sur la place publique un échange privé et de surcroit avec le Président de la République, clé de voûte des institutions du pays. Ainsi, elle jette le discrédit sur l’autorité suprême du pays. C’est dès lors une face de la République qui s’en trouve écornée.
Gênante également au regard de la morale attachée à notre culture que nous inculquons à nos enfants. Cela nous amène à nous poser la question de savoir à qui faire confiance quand il est permis à chacun de mettre sur la place publique un entretien fait en privé, que ce soit entre amis, parents, collègues, camarades, coreligionnaires, etc. ?
Gênante pour les politiques qui se voient ainsi tous discrédités et mis au ban de la société, dans un même panier-poubelle. Un tel acte ne peut manquer de renforcer les préjugés et sentiments que “tous les politiques sont pareils”, de quelque bord qu’ils soient (pouvoir, opposition, droite, gauche…).
Gênante pour les alliés de BBY qui se voient ainsi jetés en pâture devant une opposition en quête de tout grain à moudre et de tout bâton pour battre le régime conduit par la coalition au pouvoir, en vue de le discréditer, de faire douter ses partisans et de convaincre l’opinion de sa nocivité et de la nécessité de le bouter dehors.
Or, dans les conditions actuelles, l’option consistant à faire advenir une nouvelle alternance ne peut profiter qu’à Abdoulaye WADE et au PDS, force politique dominante de l’opposition. Or, tout le monde connaît le projet politique de WADE, pour l’avoir expérimenté pendant 12 longues années et dont il ne cache même plus l’aspect le plus important à ses yeux : “Porter son fils, Karim, au pouvoir”.
Gênante enfin pour les forces de Gauche alliées à la Ld et alliées à elle dans BBY et dont les leaders et militants se trouvent ainsi éclaboussés, quelle que soit, par ailleurs, la réalité, la sincérité et la franchise qui fondent leurs rapports avec le pouvoir auquel ils sont alliés. En effet, quelles que soient les déclarations ou dénégations que ces forces pourraient faire, la main sur le coeur, le Coran ou la Bible, il s’en trouvera toujours qui continueront de penser qu’elles sont coupables. C’est donc un exercice vain que de chercher à se disculper.
C’est pourquoi, pour le Rta-S, la seule attitude qui vaille dans de telles circonstances, c’est de se défier des attitudes émotionnelles, garder la tête froide et s’en tenir fermement aux principes qui l’ont guidé jusqu’ici sur le chemin de la lutte pour la défense des intérêts exclusifs du peuple sénégalais.
Il s’agit, dans ce cadre, de réaffirmer son adhésion aux conclusions des Assises nationales qui, après avoir rejeté le clientélisme dans la gestion des deniers publics, préconise de “Définir les dispositions nécessaires pour encadrer juridiquement la détermination et l’utilisation des fonds spéciaux de manière à éviter les dérapages, les utilisations politiciennes et les crises institutionnelles dont la source est liée à l’opacité dans la gestion de ces fonds.” (Assises nationales, Sénégal, An 50, Bilan et perspectives de refondation, Ed. l’Harmattan, p.265).
Il s’agit aussi de réaffirmer son ancrage dans la coalition BBY qu’il a contribué à porter au pouvoir autour de politiques économiques et sociales allant dans le sens de sortir la majorité de notre peuple de la misère, de l’ignorance, de l’exclusion, de l’iniquité territoriale pour conquérir plus progrès, plus de justice sociale, plus de pain, plus de sécurité, dans la paix et la stabilité.
Dès lors, il serait donc inconséquent, irresponsable de chercher à discréditer un tel régime, surtout dans les conditions historiques où se trouve le Sénégal, exception quasi miraculeuse de paix et de stabilité, opportunité historique d’avancer sérieusement dans la conquête progressive de notre souveraineté budgétaire, alimentaire, énergétique, etc., pour celles plus générales, économique, politique, culturelle.
Un tel engagement n’a de sens que s’il épouse l’unique boussole qui guide le parti : “La défense conséquente des intérêts du peuple Sénégalais”, s’il éclaire la pensée, les dires et les actions pour la conquête de cet objectif. Pousser, selon ses capacités et possibilités, dans une telle direction, à l’intérieur comme à l’extérieur de la coalition, dans les institutions où nous sommes présents, comme en dehors dans le respect scrupuleux des règles organisant la République. Pousser, pousser toujours dans cette dynamique, malgré les maladresses, erreurs et déviations qui pourraient survenir (qui surviennent nécessairement) dans la mise en oeuvre des politiques publiques.
En conséquence, le Rta-S appelle ses militants et sympathisants, à rester sereins et lucides et à se défier des attitudes de dénonciations, parfois délirantes des uns et des autres, dans la presse et les réseaux sociaux, apportant ainsi de l’eau au moulin de l’opposition, travaillant inconsciemment à lui construire un avenir politique contre soi-même.
Enfin, le Rta-S appelle ses alliés dans la Gauche comme dans BBY à savoir raison garder et à oeuvrer dans le sens de la réalisation des politiques publiques conformes aux aspirations des populations et des réformes progressistes nécessaires dans la gestion des deniers de la République comme dans la réalisation du financement des partis politiques pour un Sénégal de tous pour tous.

RÉEW DAÑ KOY PÉNCOO, KEN DU KO PÀCCOO !