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Communiqué de presse du 13 juillet 2016

COMMUNIQUE DE PRESSE
Le Secrétariat Politique du RTA-S s’est réuni en sa séance hebdomadaire le 12 juillet 2016 à son siège pour examiner, entre autres questions, la situation politique nationale.

A- Concernant la libération de Karim Wade
La mesure de grâce présidentielle, diversement perçue au sein de l’opinion, prise par le Chef de l’État appelle de notre part du Rta-S quatre considérations qui nous paraissent plus décisives dans l’analyse objective de la question.
1- La mesure de grâce est une prérogative présidentielle tout à fait légale et conforme à la constitution, se situant en dehors du processus judiciaire qui est allé jusqu’à son terme. Autrement dit, il n’y a pas eu, sur ce cas précis, l’intervention de l’exécutif pour arrêter le judiciaire, assurant ainsi l’indépendance de la justice, contrairement aux actes répétés et intempestifs connus sous l’ancien régime.
2- Les autres termes de l‘arrêt condamnant Karim Wade, outre l’emprisonnement ferme de 6 ans dont seuls les 3 ans ont été effectués, demeurent maintenus et doivent connaitre une réalisation effective. Il s’agit, pour le condamné, de payer une amende de 138 milliards 239 millions 086 mille 396 FCFA, en plus des dommages et intérêts évalués à 10 milliards de FCFA ; il s’y ajoute que l’État doit mettre la main sur les avoirs relevant de sa propriété. L’État doit donc veiller, pour le respect de la chose jugée, que ces mesures soient effectives.
3- L’arrêt de Karim Wade, son inculpation et sa condamnation ferme confirmée par la Cour Suprême constituent un exemple d’un symbolisme très fort qui restera marqué dans l’histoire politique de notre pays. Il n’y a pas de précédent au Sénégal et même en Afrique, que le fils d’un Président de la République, ancien ministre, ait été contraint de rendre compte devant la justice et de subir la sanction de celle-ci.
4- De la liste de 25 personnes dont on nous avait parlé, seules deux (Karim Wade et Cie et Tahibou Ndiaye), à notre connaissance, ont fait l’objet d’un traitement ayant abouti à des condamnations. Dès lors, le Rta-S demande que la lutte contre l’enrichissement illicite soit poursuivie jusqu’à son terme, sans exclusive ni faiblesse, dans le respect de l’indépendance de la justice. Comme doit l’être également la lutte contre la corruption et le détournement des deniers publics. C’est de cette manière que l’État de droit pourrait être préservé, dans le cadre de l’égalité de tous les citoyens devant la justice.
B- Sur la mesure de retrait des enfants en situation de rue
Le Sep du Rta-S salue la mesure volontariste et courageuse prise par le Président de la République et lui exprime ses vives félicitations pour avoir décidé du RETRAIT IMMEDIAT des enfants jetés dans la rue, au mépris de leurs droits élémentaires à la protection, à la sauvegarde, à l’éducation, à la santé, etc. Une telle mesure rencontre notre totale adhésion. Certes, l’État doit assurer et renforcer les mesures d’accompagnement. Celles-ci doivent suivre mais ne sauraient précéder la sauvegarde urgente et immédiate des enfants dont la vie, l’intégrité physique et morale sont quotidiennement mises en péril dans cette situation de rue dans laquelle les confinent de soi-disant maîtres coraniques ou des tuteurs mus simplement par l’appât du gain facile.
Du reste, pour le Rta-S, une telle mesure salutaire ne saurait prospérer, si les patriotes et démocrates de ce pays, de quelque bord qu’ils puissent se situer, n’unissent pas leurs efforts pour accompagner le chef de l’État dans ce combat pour l’intérêt supérieur des enfants, ceux-là qui constituent l’avenir de ce pays. C’est pourquoi, le Rta-S lance un appel solennel à toutes les forces vives de la nation pour créer les conditions, par une mobilisation et une organisation citoyennes de protection et de prise en charge des droits de l’enfant, dans les villages, les quartiers, etc., permettant de rendre irréversible une telle mesure de retrait immédiat et définitif des enfants de la jungle que constitue la rue. Car, les réseaux de traite des enfants ne reculeront devant rien pour préserver leurs intérêts égoïstes.
Fait à Dakar, le 13 juillet 2016

Le Secrétariat Politique