COMMUNIQUE DU 8 AOÛT 2011

Le Secrétariat Politique du Rta-S s’est réuni en sa séance hebdomadaire le 06 juillet 2011 à son siège pour examiner entre autres questions la situation politique nationale.

Au plan social

Les populations vivent toujours le calvaire des coupures d’électricité malgré les promesses pompeuses et démagogiques du Président Wade et de son fils, ministre de l’Energie. La promesse de Wade de régler définitivement la question des coupures d’électricité en septembre au plus tard a été revue car estimant impossible « l’opération délestage zéro à court terme » cf L’Observateur n° 2363 des 6 et 7 août 2011 avec comme explication la vétusté des installations de la Senelec. Le problème de vétusté était connu depuis longtemps. Quelle alternative à cette situation Karim Wade apporte t-il ? Quelle politique réaliste de sortie de la tyrannie du pétrole apporte-t-il ? Quel assainissement de la gestion de la Senelec ? Voilà les différentes questions qui attendent des réponses précises. Tous les artisans et travailleurs des PME et PMI veulent des alternatives immédiates et non des chimères. Les populations qui vivent l’insécurité au quotidien sans compter les multiples désagréments produits par une telle situation veulent des solutions immédiates et durables, non des promesses démagogiques.

Le pouvoir libéral vient de montrer encore son incapacité à régler cette épineuse question d’électricité et ne veut pas dire la vérité aux populations. D’ailleurs l’homme du « wax waxeet » a dit que les promesses n’engagent que ceux qui y croient. Quel crédit accorder alors à tout ce qu’ils peuvent nous dire ?

Comment peut-on prétendre créer des emplois alors qu’au même moment on liquide des milliers d’emploi, on asphyxie des centaines de moyens de production ?

Sur un autre registre les populations des banlieues ont renoué avec le calvaire des inondations avec ces quelques millimètres de pluies à Dakar. A Kaolack, c’est la désolation pour plusieurs familles prises en otage par les eaux de pluies. A la Médina, un grand risque d’épidémie guette les populations avec des maisons envahies par les eaux usées alors que le ciel n’a pas encore grandement ouvert ses vannes.

Il n’y a aucune politique préventive de l’Etat du Sénégal pour résorber les problèmes récurrents chaque année d’inondation. Ce qui n’a pas pu être réglé pendant 9 mois ne peut l’être en quelques semaines. Il faut rompre avec cette politique du tape-à-l’œil pour des actions sérieuses à long terme avec comme seul souci la résolution des problèmes des populations et non des actions d’éclat de politique politicienne. Or c’est cela le fort du pouvoir libéral qui n’a que du mépris pour les populations.

Les travailleurs de la Santé sont toujours obligés de poursuivre leur mouvement de grève pour faire aboutir leurs revendications. Pendant ce temps, le pouvoir joue à l’usure pour attendre certainement à quelques mois des élections pour lâcher du lest dans l’optique de monter sa bonne foi aux populations. Le Rta-S dénonce avec la dernière énergie cette attitude irresponsable du pouvoir libéral qui joue avec la vie des populations au moment où il s’amuse avec des centaines de milliards. Le pouvoir doit obligatoirement rencontrer les travailleurs de la santé en vue de trouver des solutions concertées avec eux dans l’intérêt des populations.

Les travailleurs de la justice viennent de subir la foudre du ministre de la justice avec l’appui de son mentor Wade avec des affectations sanctions de ce qu’on appelle les « têtes brûlées » qui étaient le plus en vue dans les actions de l’Union des Magistrats du Sénégal (UMS). C’est une manière de dire aux magistrats : « Attention, vous obéissez ou vous payez votre indépendance ». Voilà pourquoi il faut une justice déconnectée de l’Exécutif. Le Conseil Supérieur de la Magistrature doit être déconnecté de l’Exécutif afin que la carrière des magistrats soit gérée par les magistrats eux-mêmes. C’est cela qui peut assurer la séparation effective et non fictive des pouvoirs. C’est cette proposition que porte le projet de Constitution de Bennoo assises sur les conclusions des Assises nationales.

Au plan politique

Le 23 Juin a été un grand déclic chez le peuple pour dire « les violations de la constitution, ça suffit maintenant !». Un rejet traduit par le slogan : « Touche pas à ma constitution ». Un pouvoir intelligent qui sait anticiper sur les évènements en aurait clairement tiré les conclusions. L’inconstitutionnalité de la candidature de Wade ne fait aucun doute. Mais Wade fait du forcing avec ses souteneurs. Il continue de saucissonner des collectivités locales au mépris de l’opinion des populations concernées. Son attitude frise même la provocation. Ce qui est inadmissible ! Son déplacement à Touba fait partie de cette vaste campagne de mystification et d’autoglorification car il ne s’est pas encore remis de sa déconvenue du 23 juin avec le rejet de son projet de ticket monarchique. Wade n’a pas démordu de son projet. C’est contraint qu’il a reculé. Il reste sur les mêmes positions quant à candidature à la Présidentielle de 2012. Et il ne lâchera prise que devant une forte pression populaire. Cette bataille démocratique n’est pas la seule affaire des partis politiques et des organisations de la société civile. Elle est celle de tout le peuple pour dire NON au « maa tey » de Wade. Et dans cette optique, les jeunes doivent y jouer un rôle décisif.

Le Rta-S engage Bennoo à ne pas se laisser divertir par les gesticulations du pouvoir à travers ses réaménagements gouvernementaux fallacieux. Celui-ci doit maintenir son agenda de manière sereine dérouler de manière méthodique le processus de construction concertée et collective de la candidature de l’unité et du rassemblement dans le cadre d’une jonction des forces politiques et de la société civile sur la base du programme transitoire de refondation des institutions conformément aux conclusions des Assises nationales. Par ailleurs, Bennoo doit sauvegarder son unité d’action la plus vaste possible pour gérer ensemble le processus électoral et contrer les tentatives de fraude de Wade.

La CENA doit être mise devant ses responsabilités pour superviser tout le processus électoral et l’amener à s’opposer à l’insertion dans le fichier de toutes les données non fiables. Elle a le devoir de se saisir des cas de Touba, Nguéniène et de la zone frontalière où des inscriptions douteuses se font à grande échelle. De même, la CENA a le devoir de clarifier le différentiel de 01 million 600 électeurs existant entre le fichier de la CENA et celui du Ministère de l’Intérieur depuis 2007. Elle doit également intervenir ouvertement sur la question du découpage administratif qui bouleverse la carte électorale et débloquer toutes les entraves faites aux jeunes pour l’obtention de la carte d’identité et de la carte d’électeur et en conséquence exiger du gouvernement le prolongement de l’inscription sur les listes électorales.

La bataille sur le terrain pour le contrôle du processus électoral est un impératif pour Bennoo et toutes les forces démocratiques pour contrer la machine de fraude du pouvoir libéral. Cette bataille doit être articulée aux exigences d’un ministre de l’intérieur et d’un ministre de la justice neutres telles que stipulées dans la plateforme du M23.

 

Dakar le 08 Août 2011 Le Secrétariat Politique